Afin de proposer de l’activité physique aux enfants durant la fermeture des écoles et le confinement imposé pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, de nombreux comités Usep ont organisé des e-rencontres. Certains imaginent déjà comment prolonger l’expérience, en complément de l’irremplaçable rencontre sportive associative. Premier bilan avec dix comités figurant parmi ces pionniers.

 

Une diversité de formules

Le modèle d’e-rencontre imaginé par l’Usep des Pyrénées-Orientales, et aussitôt décliné par d’autres comités, consistait à relever 4 défis sportifs individuels (ou à deux) parmi une liste de 7, présentés sous forme vidéo. S’y ajoutaient un « quizz culturel » (olympisme, éducation routière…) et l’invitation (facultative) à réaliser une vidéo de soutien aux soignants. Très vite, plusieurs comités l’ont repris et très souvent adapté, sinon dès leur première rencontre, du moins pour la deuxième. Comme par exemple l’Eure-et-Loir, en collaboration avec l’équipe départementale EPS.

C’est cependant loin d’être la seule formule : l’e-défi de l’Usep Paris propose chaque semaine cinq nouvelles épreuves, dont une culturelle, et la rencontre e-nnovante des Yvelines invite chaque enfant à lancer des défis par vidéo interposée, en plus des points apportés à son association grâce à ses performances physiques.

Une durée et un nombre de participants variables

Entre mi-mars et début mai, ces comités pionniers ont souvent organisé non pas une mais deux e-rencontres, sur un laps de temps pouvant varier d’une semaine à plus d’un mois. La participation est également très variable : 54 enfants en Ariège, 284 en Calvados, 843 dans l’Orne… Mais plus de 1 000 de retours en Eure-et-Loir pour 6 800 inscrits, sachant en outre que, comme ailleurs, beaucoup de parents ont répondu directement aux enseignants. C’est le cas en Haute-Garonne, où les 624 retours d’enfants ayant envoyé leurs performances et leurs productions artistique ne sont pas à la mesure du potentiel de 5 000 élèves représenté par les 215 classes inscrites. Idem pour les 2 000 participants confirmés des Pyrénées-Orientales sur 13 000 élèves. Dans les Pyrénées-Atlantiques, les deux premières e-rencontres ont touché plus de 1 900 enfants, et plus de 3 000 dans la Nièvre, soit plus de 20 % des élèves scolarisés dans le département ! Pour leur part, fin avril les Yvelines avaient officiellement comptabilisé 1 200 participants. Enfin, l’e-défi de Paris a touché plus de 5 000 élèves durant les deux semaines de vacances scolaires : un record peut-être déjà battu depuis puisque l’opération a ensuite été étendue aux 134 000 élèves d’élémentaire de la capitale.

Un vrai retentissement

« Cette initiative a permis de garder le lien avec nos associations, de leur montrer que nous sommes présents et actifs pendant cette période », résume la déléguée Usep de l’Ariège, Sandrine Picquand. Au-delà, tous les comités insistent sur les retours généralement très positifs de la part des enseignants, des parents et des services de l’Éducation nationale, qui ont souvent relayé l’initiative. L’e-rencontre a offert une visibilité sur les réseaux sociaux et dans les médias plus traditionnels, à l’instar des « deux beaux articles » parus dans la presse locale des Pyrénées-Orientales.

Ouverte à tous, l’e-rencontre est aussi un moyen de toucher les écoles non encore affiliées. Dans le Calvados, « plus de la moitié des classes inscrites étaient non-Usep », souligne Frédérique Venturelli. Elle permet aussi de toucher les parents : 130 d’entre eux (plus 70 enseignants) ont même participé à la deuxième e-rencontre des Pyrénées-Atlantiques, qui était ouverte aux adultes.

Après le 11 mai

Plusieurs comités prolongeront l’expérience au-delà du retour progressif des élèves en classe. « L’objectif sera d’adapter nos propositions en fonction de la situation dans les écoles. Ce sera notre mode de fonctionnement privilégié jusqu’à la fin de l’année », annonce Aurélien Clouet en Eure-et-Loir. Idem dans les Pyrénées-Orientales, où Jérôme Tarbouriech souhaite « proposer des e-rencontres pour les classes, en lien avec l’EPS, même si elles ne réunissent qu’un nombre réduit d’élèves ». À Paris, Frédéric Laferrière entend faire de même : « Nous songeons à des rencontres interclasses pour la reprise du 12 mai (date initialement fixée pour les élèves), si elle a lieu. » Autre exemple, les Pyrénées-Atlantiques organisaient du 4 au 15 mai leur troisième e-rencontre, « en la faisant évoluer un peu pour coller aux dispositifs en vigueur dans les écoles et aux possibilités laissées par les règles sanitaires », précise Julien Durcudoy.

Et l’an prochain ?

Si « rien ne remplace la rencontre physique, qui permet de changer d’environnement et de partager en live », le comité des Yvelines et sa déléguée Florence Jolivet ne s’interdisent pas d’imaginer ponctuellement une e-rencontre qui, tout en évacuant le problème des coûts de déplacement, « permettrait d’inciter à une activité régulière dans les écoles ». À Paris, un projet d’e-rencontre était même dans les tuyaux avant le confinement, avec un subventionnement de la Ville : « Nous attendons toutefois de l’expérimenter pour nous assurer de son intérêt », précise prudemment Frédéric Laferrière.

Dans les Pyrénées-Orientales, Jérôme Tarbouriech imagine déjà « une e-rencontre annuelle ouverte aux écoles qui hésitent à s’affilier à l’Usep, ce qui les aiderait peut-être à franchir le pas si nous proposons une organisation de qualité ». Et pourquoi pas demain « une e-rencontre à l’échelle nationale », ou encore la participation à des opérations solidaires ou des chaînes de solidarité « où les enfants relèveraient des défis physiques pour apporter leur soutien à une cause » ?

L’e-rencontre Usep, on n’a pas fini d’en parler.

E-rencontre, une expérience concluante ?

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